La quasi-totalité des cartes postales anciennes utilisées dans l’application Paris Avant et sur le site web ont été prises entre 1900 et 1920. A cette époque, environ 80 ans après l’invention de la photo, les techniques de photographie sont déjà bien éprouvées et beaucoup de progrès ont déjà eu lieu depuis les premières expérimentations photographiques. En voici un récapitulatif.
C’est Nicéphore Niépce qui, après plusieurs années de recherche et d’essais, réalise le premier cliché en 1826. La photographie est néanmoins encore de faible qualité, et quasiment inexploitable.

“Point du vue du Gras” est la première photo connue, réalisée par Nicéphore Niépce en 1826 ou 1827. Elle représente le domaine du Gras à Saint Loup de Varennes, propriété du photographe. Elle a requis une exposition de 8 heures sur une solution de bitume de Judée
Aux Etats-Unis, c’est durant la guerre de Sécession (1861-1865) que l’on voit une première utilisation de la photo à une grande échelle. En France, c’est principalement durant la Commune de Paris (1871) que l’usage de la photographie se développe fortement. Alors qu’entre janvier et mai 1871 seuls 38 clichés sont inscrits au Dépôt Légal, ce sont près de 1800 photos qui sont enregistrées de mai à décembre de la même année !
A l’époque, les clichés restent difficiles à réaliser car ils nécessitent l’utilisation de plaques en verre et d’un liquide appelé collodion. Il fallait donc transporter ces plaques, les humidifier avec le collodion puis attendre 15 minutes pendant la prise de la photo. Ces 15 minutes, qui font sourire à l’époque du numérique, empêchaient notamment de prendre en photo les humains et les animaux : seuls les bâtiments restaient visibles.
Les appareils étaient de grandes chambres noires, volumineuses au point de devoir être transportées par des carrioles tirées par des animaux. Un photographe en particulier, Eugène Disdéri, est connu pour avoir tracté son matériel avec 1 ou 2 chevaux. Cela explique également pourquoi beaucoup de clichés de l’époque ont été pris en hauteur : les appareils photos étaient montés sur des carrioles. Par ailleurs, la poussière qui se dégageait des rues qui n’étaient pas encore pavées était gênante, autant pour la solution photgraphique que pour la mécanique des appareils : on surélevait donc le tout sur des pieds à environ 3 mètres de hauteur.
Avant 1900, la plupart des photos prises n’étaient pas publiées par manque de solutions pour les reproduire chez les imprimeurs. C’est la raison pour laquelle on retrouve parfois la mention “Croquis d’après photo” sous certaines illustrations de l’époque publiées dans les quotidiens.
A Paris, beaucoup de professionnels de la photographie travaillaient avec des journaux quotidiens dont les sièges étaient situés dans le 9ème arrondissement tels Le Journal, Le Petit Parisien, Le Matin. On voyait donc une concentration importante de photographes dans cet arrondissement. La plupart se sont vite enrichis, mais leur train de vie trop élevé ou leurs opinions politiques les ont presque tous conduits à la ruine. C’est le cas de Disdéri, Braquehais, Atget, Andrieu. On trouve parfois des références aux studios de photographes sur les cartes postales anciennes, comme celui de Charles Reutlinger dans le quartier des quotidiens..

Le Cent-Vues tient son nom de son film 35 mm capable de prendre 100 clichés au format 18/24 mm. Sa commercialisation est interrompue par la première guerre mondiale, mais a repris en 1920. On peut en voir un bel exemplaire sur http://www.antiq-photo.com
George Eastman a lancé en 1888 son premier appareil photographique (et a ainsi donné naissance à la marque Kodak). Quelques années plus tard, vers 1900, il lance le “Brownie” qui fonctionne avec une pellicule. Cet appareil révolutionnaire devient populaire aux USA et y démocratise l’usage de la photographie, qui sort du monde des professionnels ou des usagers fortunés. En France, c’est le “Cent-Vues” qui joue ce rôle, un appareil photographique de petit format utilisant le 35 millimètres et qui gagne la médaille d’or 1910 du Concours Lépine.
Depuis 1920 la photographie a connu de grandes avancées avec l’amélioration des appareils puis l’apparition de nouveaux modes de développement. Notamment le Polaroïd vers 1960 et les premiers appareils numériques au début des années 1990. D’énormes progrès, donc, qui font qu’aujourd’hui l’acte de prendre une photo est devenu bien plus simple. Avant, le choix de ses sujets était primordial et l’on avait peu ou pas le droit à l’erreur en raison du coût élevé d’une photo. Surtout entre 1900 et 1920, période pendant laquelle ont été prises la plupart des photos figurant dans l’application Paris Avant et le site web.



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